Note : cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement ni un conseil fiscal individualisé. Votre situation personnelle (âge, revenus, horizon, objectifs) peut modifier les règles applicables. Pour des montants importants, rapprochez-vous d'un professionnel et vérifiez les sources officielles.
Inflation et cycles de marché : deux menaces bien différentes
Avant de tenter de se protéger, il faut comprendre contre quoi l'on se bat. Car ces deux ennemis de votre épargne n'agissent pas du tout de la même façon.
L'inflation, l'érosion silencieuse
L'inflation, c'est la hausse générale et durable des prix.
Concrètement : avec la même somme, vous achetez un peu moins chaque année. Si votre argent dort sans rien rapporter pendant que les prix montent, vous vous appauvrissez sans même vous en rendre compte...
Le bon réflexe, c'est de raisonner en taux réel : il faut déterminer le rendement de votre placement moins l'inflation. Un livret qui rapporte 2 % quand l'inflation est à 3 % vous fait perdre 1 % de pouvoir d'achat par an. Le chiffre affiché est positif, mais en réalité, votre argent recule !
Prenons un exemple : placez 10 000 € sur un support qui rapporte 1 % net, avec une inflation à 2,5 %. Au bout de dix ans, votre relevé affiche un capital en légère hausse… mais en pouvoir d'achat réel, vous avez perdu l'équivalent de plus d'un millier d'euros.
L'inflation ne fait pas de bruit, mais elle travaille chaque jour. Et ne comptez pas sur une inflation faible pour vous sauver : même modérée, elle continue de réduire la valeur réelle de votre épargne.
Les cycles de marché, les à-coups
Les marchés financiers, eux, ne montent jamais en ligne droite, ils avancent par cycles : des phases de hausse, parfois euphoriques, suivies de corrections, voire de krachs. C'est extrêmement déstabilisant quand on débute, surtout quand on voit son portefeuille chuter de 20 ou 30 % en pleine tempête.
Mais voici ce qu'il faut garder en tête : les krachs font partie intégrante des cycles économiques, et historiquement, les marchés finissent par se redresser sur le long terme. Le vrai danger n'est pas la baisse elle-même, c'est de vendre au pire moment, sous le coup de la panique, et de transformer une perte virtuelle en perte définitive.
Pourquoi se prémunir des deux à la fois
Le piège, c'est que se protéger d'une menace peut vous exposer à l'autre. Fuir la volatilité des marchés en gardant tout en liquidités ? Vous êtes alors grignoté par l'inflation. Chercher à battre l'inflation en misant tout sur les actions ? Vous encaissez de plein fouet les cycles de marché.
La bonne stratégie ne consiste pas à choisir un camp, mais à construire un équilibre. C'est tout l'objet de la suite de l’article.
Laisser dormir son argent : la fausse sécurité
Beaucoup d'épargnants pensent que l'argent « en sécurité » est l'argent qui ne bouge pas. C'est une idée reçue tenace, et coûteuse.
Le compte courant ne rapporte rien : chaque euro qui y stagne perd mécaniquement de la valeur avec l'inflation. Les livrets réglementés (Livret A, LDDS) font mieux : ils sont liquides, garantis, défiscalisés. Mais leur rendement suit rarement l'inflation sur la durée. Ils protègent votre capital nominal, pas votre pouvoir d'achat.
Même logique pour les fonds euros de l'assurance-vie, dont la garantie rassure mais ne met pas à l'abri de l'érosion monétaire.
Faut-il pour autant tout investir ? Non, et c'est un point crucial à saisir. Une part de votre épargne doit rester liquide et sans risque : c'est votre épargne de précaution, celle qui vous permet de faire face à un imprévu sans toucher à vos placements. Le message n'est donc pas « ne gardez jamais de liquidités », mais « ne laissez pas dormir tout votre argent ».
Quels placements protègent (vraiment) de l'inflation ?
Tous les placements ne se valent pas face à la hausse des prix. Petit tour d’horizon de ceux qui tirent leur épingle du jeu, et ceux à manier avec prudence.
Les actifs réels : immobilier et pierre-papier
L'immobilier est historiquement considéré comme une valeur refuge contre l'inflation : les loyers et les prix ont tendance à suivre la hausse générale. Problème : acheter un bien en direct demande un capital important et concentre le risque sur une seule adresse.
La pierre-papier (les SCPI) contourne cet obstacle. Pour quelques centaines ou milliers d'euros, vous devenez copropriétaire d'un parc d'immeubles diversifié, bureaux, commerces, logistique, souvent à l'échelle européenne. Vous mutualisez le risque locatif et percevez des revenus réguliers. En contrepartie : des frais d'entrée, une liquidité limitée et un rendement jamais garanti.
Les actions sur le long terme
Sur longue période, les actions font partie des meilleurs remparts contre l'inflation : les entreprises répercutent la hausse des prix sur leurs tarifs, et leurs bénéfices, donc leur valeur, progressent avec l'économie. Via un ETF (fonds indiciel), vous vous exposez à des centaines d'entreprises d'un coup, à moindres frais.
La contrepartie, vous la connaissez déjà : la volatilité. Les actions encaissent de plein fouet les cycles de marché. Elles ne se conçoivent donc que sur un horizon long, idéalement huit ans et plus, le temps d'absorber les à-coups.
L'or et les valeurs refuge
L'or a une particularité précieuse : c'est un actif contracyclique. Les investisseurs s'y réfugient justement en période d'incertitude, quand les marchés vacillent ! Il ne verse aucun revenu et son cours peut être volatil, mais il joue un rôle d'assurance dans un portefeuille diversifié. On y accède facilement via des pièces, des lingots ou des ETF adossés au métal.
Les obligations indexées sur l'inflation
Il existe des obligations dont le capital et les intérêts sont revalorisés en fonction de l'inflation (comme les OATi de l'État français). Leur logique est limpide : quand les prix montent, votre rémunération monte aussi. C'est une protection directe, à intégrer selon votre profil.
À manier avec prudence
À l'inverse, certains placements offrent une fausse tranquillité en période d'inflation : les fonds euros et les obligations à taux fixe, dont le rendement figé peut passer sous l'inflation et les livrets, utiles pour la liquidité mais rarement pour la performance. Ils ont leur place, pour sécuriser, pas pour faire fructifier.
Se protéger des cycles de marché : diversification et décorrélation
Contre l'inflation, on choisit les bons actifs. Contre les cycles de marché, on change de logique : ce n'est plus tant quoi acheter, mais comment répartir.
Le principe de la décorrélation
La décorrélation, c'est la situation où deux actifs n'évoluent pas dans le même sens au même moment. Quand l'un baisse, l'autre tient bon, voire monte. En combinant dans un portefeuille des actifs décorrélés, vous réduisez la volatilité globale sans forcément sacrifier le rendement. C'est le fondement de la diversification, et son intérêt saute aux yeux : en cas de choc, tout ne s'effondre pas en même temps.
La règle de la poche décorrélée
Une approche défendue par de nombreux conseillers consiste à consacrer environ 10 à 15 % de son patrimoine à des actifs réels et décorrélés des marchés cotés. La part est assez significative pour amortir un choc boursier, tout en laissant l'essentiel du patrimoine liquide et disponible et c'est dans cette poche que se logent l'or, l'immobilier non coté, le private equity… ou le crowdlending, on y vient.
Diversifier sur trois plans
Une vraie diversification joue sur trois leviers en même temps : les classes d'actifs (actions, immobilier, obligations, or, dette privée…), les secteurs d'activité et les zones géographiques. Les cycles économiques américains ou émergents ne suivent pas forcément ceux de la zone euro : cette dispersion géographique est un amortisseur supplémentaire.
Attention à ne pas confondre diversification et dispersion : détenir trois assurances-vie garnies des mêmes fonds ne diversifie rien, cela complique juste la gestion.
La limite à connaître
Soyons honnêtes : la diversification n'est pas non plus le rempart ultime contre la baisse de vos rendements. Lors d'un krach systémique, les corrélations augmentent et la plupart des actifs baissent ensemble, au moment précis où l'on aurait le plus besoin de protection. La diversification limite les risques spécifiques, elle n'efface pas le risque de marché global. D'où l'importance de la combiner avec les liquidités, l'horizon long et la discipline !
La méthode pour bâtir une épargne résiliente
Assez de théorie. Voici, étape par étape, comment traduire tout cela en une stratégie concrète.
Étape 1, Constituer une épargne de précaution
Avant d'investir quoi que ce soit, mettez de côté l'équivalent de trois à six mois de dépenses courantes, sur un support liquide et sans risque (Livret A, LDDS). C'est votre matelas de sécurité : il vous évite d'avoir à vendre vos placements au pire moment en cas de coup dur.
Étape 2, Définir votre horizon et votre tolérance au risque
Combien de temps pouvez-vous immobiliser cet argent ? Comment réagiriez-vous en voyant votre portefeuille baisser de 20 % ? Ces deux questions déterminent votre allocation. Plus votre horizon est long, plus vous pouvez encaisser la volatilité, et donc viser des actifs plus performants.
Étape 3, Répartir en « pyramide »
Une allocation équilibrée ressemble à une pyramide : un socle sécurisé (épargne de précaution, fonds euros) pour la stabilité, un cœur de patrimoine (actions/ETF, immobilier/SCPI) pour la croissance à long terme, et un sommet d'actifs alternatifs et décorrélés (la fameuse poche de 10 à 15 %) pour dynamiser et amortir. Les proportions dépendent de votre profil, mais la logique reste la même.
Étape 4, Investir progressivement
Personne ne sait « timer » le marché, pas même les professionnels. Plutôt que de tout placer d'un coup en espérant tomber au bon moment, investissez régulièrement, par petites sommes : c'est ce qu'on appelle le DCA, ou achats programmés. Vous lissez ainsi votre prix d'entrée et vous vous épargnez le stress d'acheter au sommet.
Étape 5, Rééquilibrer et rester discipliné
Avec le temps, votre allocation se déforme : une classe d'actifs monte plus vite que les autres. Rééquilibrez périodiquement pour revenir à votre cible. Et surtout, tenez votre cap. La pire ennemie de l'épargnant, ce n'est pas la volatilité, c'est la panique qui pousse à vendre en bas et à racheter en haut.
Où loger la poche « actifs décorrélés » ? Le rôle du crowdlending
C'est ici que le crowdlending, le prêt aux entreprises via une plateforme, prend tout son sens (pour un rappel complet de son fonctionnement, voyez notre guide crowdfunding ou crowdlending).
En prêtant à des PME, vous percevez des intérêts réguliers, versés le plus souvent chaque mois. Deux atouts dans notre contexte :
Il est peu corrélé aux marchés cotés : la bonne marche d'un prêt à une PME ne dépend pas des soubresauts quotidiens de la Bourse. En cas de tempête boursière, cette poche continue de verser ses mensualités.
Ses taux peuvent dépasser l'inflation : là où un livret peine à suivre, le crowdlending affiche des rendements plus élevés, en contrepartie d'un risque plus élevé, toujours.
Soyons clairs sur les limites, car aucun placement n'est parfait. Le crowdlending n'est pas indexé sur l'inflation : le taux est fixé à l'avance. Il comporte un risque de défaut de l'emprunteur, même encadré par des garanties. Et votre argent y est peu liquide, immobilisé jusqu'au remboursement. C'est donc un complément de diversification, pas un placement unique.
Maclear, par exemple, permet d'investir dans des prêts à des PME européennes dès 50 €, dans un cadre réglementé par le droit suisse (voir notre guide pour investir en Suisse depuis la France), avec des projets adossés à des garanties et des remboursements mensuels. Une brique parmi d'autres pour construire cette poche décorrélée.
Tableau récapitulatif : quel actif contre quelle menace ?
Quel actif protège de quelle menace| Actif | Inflation | Cycles de marché | Liquidité | Risque |
|---|
| Liquidités / Livret A | Faible | Élevée | Élevée | Faible |
| Fonds euros | Faible à moyenne | Élevée | Moyenne | Faible |
| Actions / ETF | Élevée (long terme) | Faible | Élevée | Élevé |
| Immobilier / SCPI | Élevée | Moyenne | Faible | Moyen |
| Or | Moyenne | Élevée | Élevée | Moyen |
| Obligations indexées | Élevée | Moyenne | Moyenne | Faible à moyen |
| Crowdlending / dette privée | Moyenne | Élevée | Faible | Moyen à élevé |
FAQ
Le Livret A protège-t-il de l'inflation ?
Pas vraiment sur la durée. Le Livret A protège votre capital et reste totalement liquide, mais son taux suit rarement l'inflation sur le long terme. Il est idéal pour votre épargne de précaution, pas pour faire fructifier votre patrimoine.
Quels placements résistent le mieux à l'inflation ?
Historiquement : les actifs réels (immobilier, SCPI), les actions sur le long terme, l'or comme valeur refuge et les obligations indexées sur l'inflation. Aucun n'est sans risque : leur point commun est de suivre, d'une façon ou d'une autre, la hausse des prix.
Faut-il tout vendre quand un krach est annoncé ?
En général, non. Vendre sous le coup de la panique transforme une perte virtuelle en perte réelle. Les marchés fonctionnent par cycles et tendent à se redresser sur le long terme. Mieux vaut disposer d'une épargne de précaution et d'une allocation diversifiée pour traverser la baisse sans y toucher.
La diversification protège-t-elle de tous les risques ?
Non. Elle limite les risques propres à un actif, un secteur ou une région, mais pas le risque systémique : lors d'un krach généralisé, la plupart des actifs baissent ensemble. C'est pourquoi on la combine avec des liquidités, un horizon long et de la discipline.
Le crowdlending est-il un bon moyen de diversifier son épargne ?
Il peut constituer une brique intéressante : peu corrélé aux marchés cotés, il génère des revenus réguliers avec des taux souvent supérieurs à l'inflation. Mais il comporte un risque de défaut et une faible liquidité : il s'envisage comme un complément au sein d'une poche diversifiée, jamais comme placement unique.
Protéger son épargne, ce n'est pas nécessairement choisir entre l'inflation et les cycles de marché : c'est se prémunir des deux en même temps. D'un côté, on évite de laisser dormir son argent et on privilégie des actifs qui suivent, ou battent, la hausse des prix. De l'autre, on diversifie intelligemment, on conserve une poche d'actifs décorrélés, et on investit avec méthode et discipline. Aucune stratégie n'est sans risque, mais une épargne bien construite traverse les tempêtes bien mieux qu'un capital qui stagne.
Envie de diversifier avec une poche de revenus réguliers, peu corrélée aux marchés cotés ? Découvrez les projets de crowdlending proposés par Maclear.
À propos de Maclear
Maclear AG est une plateforme suisse de prêt entre particuliers (P2P) et de crowdlending, dont le siège se situe en Suisse. La société agit comme intermédiaire financier dans le secteur non bancaire et est membre de PolyReg SRO, conformément à la réglementation financière suisse, notamment en matière d'AML, de KYC et de RGPD. Maclear donne aux investisseurs particuliers et qualifiés accès à des opportunités de prêts aux entreprises soigneusement sélectionnées, avec une évaluation des risques intégrée, un Provision Fund et un Secondary Market destiné à la liquidité.
Le contenu de cet article est fourni à des fins d'information et d'éducation uniquement. Il ne constitue pas un conseil en investissement, financier, fiscal ou juridique. Le prêt entre particuliers (P2P) et les investissements en crowdlending comportent un risque de perte partielle ou totale du capital. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. La liquidité sur un marché secondaire n'est pas garantie. Les lecteurs sont invités à mener leurs propres recherches et à consulter des conseillers qualifiés avant de prendre toute décision financière. La disponibilité des produits et services peut être restreinte dans certaines juridictions.