Que sont les obligations, et en quoi diffèrent-elles du P2P ?
Une obligation est un titre de créance émis par l'État, une collectivité municipale ou régionale, ou une entreprise. L'investisseur perçoit des coupons réguliers en rémunération de la dette qu'il apporte à l'émetteur, puis peut prétendre au remboursement du principal à l'échéance. En tant que titres, les obligations sont souvent négociées sur le marché public et peuvent donc offrir une liquidité supérieure. En France, la référence est l'OAT (Obligation assimilable du Trésor), émise par l'Agence France Trésor pour le compte de l'État.
Le P2P, à l'inverse, consiste à prêter directement de l'argent à un particulier ou à une entreprise, mais les investisseurs financent le prêt via une plateforme dédiée plutôt qu'en achetant un titre. La dette est privée et non cotée sur un marché. Les prêts P2P sont conçus pour être conservés jusqu'à l'échéance, l'investisseur récupérant son principal à ce moment-là. Une possibilité limitée de vendre plus tôt existe néanmoins grâce au Secondary Market, où l'investisseur peut céder une créance à un autre investisseur, moyennant des frais ou une décote. Les rendements ne sont toutefois pas garantis, car la vente dépend entièrement de la demande d'un autre investisseur.
Sur le plan réglementaire, les plateformes de crowdlending proposant leurs services dans l'UE relèvent du Règlement (UE) 2020/1503 (ECSP) et du statut de prestataire de services de financement participatif (PSFP), agréé par l'AMF et supervisé, côté prudentiel, par l'ACPR. Maclear AG est une société suisse, membre de PolyReg SRO, non agréée en France : elle intervient en transfrontalier, et votre capital reste exposé au risque de perte.
Le P2P est-il équivalent à une obligation ?
Non, le P2P est de la dette privée, tandis qu'une obligation est un titre négociable. Bien que les deux procurent un revenu fixe, les obligations sont émises par l'État, une collectivité ou une entreprise et sont généralement négociées sur un marché public. Les créances P2P, elles, sont des contrats de prêt privés entre l'investisseur qui prête et le particulier ou l'entreprise qui emprunte.
Rendements : coupon et rendement à l'échéance (YTM) vs AROI
Le P2P et les obligations mesurent le rendement et la performance différemment. Le P2P se mesure principalement au moyen du rendement annualisé de l'investissement, ou AROI. Le rendement des obligations se calcule généralement en rendement courant ou rendement à l'échéance (yield-to-maturity, YTM). Le YTM correspond au rendement total attendu si l'obligation est achetée à son prix de marché actuel et conservée jusqu'à l'échéance. L'AROI standardise la performance des prêts d'un portefeuille et indique un rendement potentiel, non une garantie.
Historiquement, le P2P a offert des rendements supérieurs à ceux d'actifs traditionnels comme les obligations. Cela s'explique surtout par une volatilité potentiellement plus élevée, des contraintes de liquidité et un risque de crédit plus important, l'emprunteur étant généralement un acteur privé et non un organisme officiel. À titre de repère, le rendement d'une OAT à 10 ans reflète le coût d'emprunt de l'État français et sert souvent de taux de référence sur le marché obligataire, auquel comparer les rendements plus élevés — et plus risqués — du P2P.
Risque et sensibilité aux taux d'intérêt
Le profil de risque des obligations et du P2P diffère sensiblement. Les obligations comportent généralement un risque de crédit et un risque de taux d'intérêt. Le P2P présente un risque de défaut de l'emprunteur, un risque de liquidité et un risque lié à la plateforme. La comparaison entre le P2P et les obligations est présentée dans le tableau ci-dessous.
P2P vs obligations — comparaison de deux classes à revenu fixe.| Dimension | P2P | Obligations |
|---|
| Rendements et mode de mesure | Intérêts sur les prêts financés, mesurés en AROI ; rendements non garantis | Coupon fixe, revenu exprimé en rendement courant ou YTM (ex. OAT) |
| Risque | Insolvabilité de l'emprunteur atténuée par le collatéral à LTV prudent ou le Provision Fund (qui n'équivaut pas à un rachat) | Risque de crédit de l'émetteur et risque de taux (le prix baisse quand les taux montent) |
| Liquidité | Uniquement via le Secondary Market, commission vendeur d'environ 2,5 %, non garantie | Négociées en bourse et de gré à gré, généralement liquides |
| Capital minimum | À partir de 50 € par créance | Variable selon l'émetteur (OAT accessibles dès de faibles montants via un intermédiaire) |
| Horizon de temps | Court à moyen terme, durée déterminée | Échéance fixe (du court terme à 30 ans) |
| Type de revenu | Revenu fixe via les intérêts du prêt | Revenu fixe via les coupons |
| Protection du capital | Capital à risque, atténuation par le Provision Fund et le collatéral, rendements non garantis | Le principal est remboursé à l'échéance ; le prix peut baisser avant l'échéance. Aucune garantie de rendement |
| Note fiscale | En général, intérêts déclarés par l'investisseur ; Maclear ne prélève pas d'impôt à la source. En France, le PFU de 30 % s'applique généralement (général, 2026, à vérifier) | Les coupons sont imposés comme des revenus (PFU) ; plus ou moins-values si cession |
Ce tableau est fourni à titre indicatif. Les rendements ne sont pas garantis, les minimums, frais et la liquidité varient selon les plateformes et dans le temps, et tout investissement comporte un risque, y compris la perte de capital.
Comment les taux d'intérêt affectent-ils les obligations et les prêts P2P ?
Lorsque les taux d'intérêt montent, la valeur de marché des obligations peut baisser, car les nouvelles obligations offrent alors des rendements plus élevés — c'est ce que l'on observe, par exemple, lorsque le rendement des OAT progresse. Les prêts P2P ne sont pas revalorisés, car ils ne sont généralement pas cotés sur un marché public ; une hausse des taux peut néanmoins influencer les rendements attendus.
Le P2P est-il plus risqué que les obligations ?
Que le P2P soit plus ou moins risqué que les obligations dépend entièrement de la situation. En règle générale, les obligations — titres cotés sur le marché public — présentent un profil de risque inférieur au P2P, qui est de la dette privée. Les obligations d'État comme les OAT sont d'ailleurs souvent considérées comme le bas du spectre de risque. L'investisseur doit néanmoins comparer chaque projet, l'emprunteur, le collatéral adossé à l'actif et la structure du prêt avant de trancher au cas par cas.
Liquidité, accès et capital minimum
La liquidité est l'une des différences fondamentales entre les obligations et le P2P. Les obligations sont liquides car souvent négociées sur des marchés publics, ce qui permet généralement de vendre avant l'échéance avec un gain ou une perte. Le P2P est conçu de telle sorte que l'investisseur doit généralement conserver la créance jusqu'à l'échéance ; la possibilité de vendre plus tôt est limitée au Secondary Market. La liquidité du P2P provient donc de la possibilité de céder la créance sur le Secondary Market.
Peut-on vendre des prêts P2P comme des obligations ?
On ne peut généralement pas vendre des prêts P2P comme des obligations, ces dernières étant négociées sur le marché public, ce qui permet de vendre avant l'échéance. Pour un prêt P2P, l'investisseur doit habituellement passer par le Secondary Market pour tenter de céder la créance plus tôt, sans garantie de vente.
P2P vs obligations : à quel investisseur chacun convient-il ?
Les obligations et le P2P sont des actifs complémentaires, et non mutuellement exclusifs. Ils ne se substituent pas directement l'un à l'autre. Les obligations peuvent séduire les investisseurs recherchant un profil de risque généralement plus faible sur des marchés de titres établis et la négociabilité des créances avant l'échéance — au prix d'un revenu fixe plus modeste. De même, le P2P offre la possibilité de rendements potentiellement supérieurs, en contrepartie d'une liquidité plus faible et, généralement, d'un risque de défaut de l'emprunteur. Aucune des deux options n'est totalement exempte de risque, mais les obligations se situent généralement au bas du spectre de risque du revenu fixe.
Le P2P n'est pas une obligation et ne s'y substitue pas : c'est une dette privée, moins liquide, où le capital est à risque, où les rendements (AROI) ne sont pas garantis, et où le collatéral, le LTV et le Provision Fund réduisent le risque de perte sans l'éliminer.
FAQ
Quelle est la différence entre le P2P et les obligations ?
Le P2P est une dette privée accordée par l'investisseur à un particulier ou à une entreprise, tandis que les obligations sont des titres négociés sur le marché public, émis par un État, une collectivité ou une entreprise (par exemple les OAT en France).
Les obligations sont-elles plus sûres que le P2P ?
Les obligations occupent généralement un bas de spectre de risque par rapport au P2P, en partie grâce à la liquidité qu'elles tirent de leur cotation sur le marché public. L'investisseur doit toutefois évaluer le risque au cas par cas, les risques du P2P pouvant être atténués par le collatéral ou le Provision Fund.
Comment mesure-t-on les rendements du P2P par rapport aux rendements obligataires ?
Les rendements du P2P se calculent en AROI, des taux de rendement attendus standardisés sur un an. Les rendements obligataires se calculent en rendement courant ou en rendement à l'échéance (YTM), qui estiment le rendement potentiel par rapport à la valeur de marché actuelle de l'obligation.
Peut-on perdre de l'argent avec les obligations ou le P2P ?
Oui, on peut perdre tout ou partie de son argent avec les obligations comme avec le P2P. Les risques du P2P peuvent être atténués par le collatéral ou le Provision Fund, et les obligations peuvent être vendues avant l'échéance — mais aucun de ces mécanismes n'élimine le risque de perte.
Peut-on détenir ensemble P2P et obligations dans un portefeuille ?
Oui, le P2P et les obligations peuvent coexister dans un portefeuille. Ce sont des actifs complémentaires, non substituables. Les obligations peuvent apporter une liquidité supérieure et une appréciation du capital à long terme, tandis que le P2P peut contribuer à la préservation du capital à court et moyen terme.
À propos de Maclear
Maclear AG est une plateforme suisse de prêt entre particuliers (P2P) et de crowdlending, dont le siège se situe en Suisse. La société agit comme intermédiaire financier dans le secteur non bancaire et est membre de PolyReg SRO, conformément à la réglementation financière suisse, notamment en matière d'AML, de KYC et de RGPD. Maclear donne aux investisseurs particuliers et qualifiés accès à des opportunités de prêts aux entreprises soigneusement sélectionnées, avec une évaluation des risques intégrée, un Provision Fund et un Secondary Market destiné à la liquidité.
Le contenu de cet article est fourni à des fins d'information et d'éducation uniquement. Il ne constitue pas un conseil en investissement, financier, fiscal ou juridique. Le prêt entre particuliers (P2P) et les investissements en crowdlending comportent un risque de perte partielle ou totale du capital. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. La liquidité sur un marché secondaire n'est pas garantie. Les lecteurs sont invités à mener leurs propres recherches et à consulter des conseillers qualifiés avant de prendre toute décision financière. La disponibilité des produits et services peut être restreinte dans certaines juridictions.